Author: molinier

Cahiers de doléances d’Eragny 1789

Exposition 14-18 Temps de Guerre

FETE DE L’OISE 1er Juillet 2018

A l’occasion de cette fête organisée par l’office de tourisme de l’Agglomération Cergy-Pontoise, notre association avait donné un nouveau rendez-vous au public, sur le chemin de halage.

Le soleil étant de la partie, le public nombreux a pu découvrir une exposition qui évoquait la vie batelière, l’Oise et ses caprices, l’animation qui régnait sur ses berges jusque dans les années 1960.

Les visiteurs ont pu admirer à travers photos et aquarelles « l’Oise dans tous ses états » et assister au récit de témoignages d’habitants.

En images :

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Poèmes d’ Yvette Marie Virginie Labriet

Poèmes écrits en 1972 pour exprimer sa souffrance  quand les bulldozeurs des premiers chantiers de la Ville Nouvelle ont rasé la maison de ses parents, la petite maison de bois de son enfance,  route de Pierrelaye.

poème de Marie Virginie Labriet 1

poème de Marie Virginie Labriet 2

 

 

 

 

 

 

maison Labriet

Découvertes archéologiques : La Marmotte d’Eragny

En 1890, le préhistorien Émile Rivière (1835-1922) récolte des outils du Paléolithique inférieur et moyen dans la haute terrasse alluviale de l’Oise

En 1907, le géologue André Laville étudie des restes de marmottes découverts dans les alluvions de la basse terrasse de l’Oise, qui contenaient aussi une molaire d’Elephas primigenius, datée du Pléistocène.

Extraits de la publication   LA MARMOTTE D’ERAGNY par A. Laville

Bulletins et Mémoires de la Société d’anthropologie de Paris Année 1908 Volume 9 Numéro 1 pp. 649-655

Pendant l’hiver de 1906 à 1907, M. Patte marquait le début de ses études géologiques en découvrant un crâne de marmotte que le carrier Loison d’Eragny, avait recueilli dans la carrière Letus, à Eragny (Seine-et-Oise). Ce crâne était accompagné de quelques os des membres, des fragments de bassin, des vertèbres, etc., que M. Patte me dit avoir recueillis lui-même en place. M’étant transporté à Eragny pour recueillir tous les renseignements possibles sur cette trouvaille, le carrier Loison m’affirma que c’était lui-même qui avait trouvé le crâne et qu’il provenait, selon lui, d’un limon sableux recouvrant le gravier dans une partie de la carrière située non loin de la route

Le 10 avril dernier, dans une tournée que je fis dans les carrières d’Eragny, en compagnie de M. Robert Douvillé, les carriers répondant à mes questions me dirent qu’ils ne trouvaient que des os de lapins; ce disant, ils me montrèrent de ces prétendus os de lapins que je reconnus, par les mandibules, être des os de marmottes. Avec M. Robert Douvillé et les carriers nous fouillâmes à l’endroit d’où provenaient ces os et en peu de temps, une demi-heure environ, nous fûmes assez heureux pour recueillir un fragment de maxillaire supérieur, six mandibules, huit fémurs, six tibias, trois humérus, quatre radius et six cubitus. Ces débris indiquaient au moins cinq individus réunis en un même point très peu étendu. Nous étions donc sur un terrier contenant les restes d’une famille de marmottes.

Les sablières d’Eragny sont situées à l’ouest et à l’est de la route de Conflans-Ste-Honorine à Pontoise, à environ un kilomètre au nord de l’Eglise d’Eragny et à peu près quatre cents mètres à l’est de l’Oise, qui coule, dans cette région. (coupe fournie par les deux carrières voisines : la carrière Hassé à l’ouest de la route et la carrière Letus à l’est de cette même route.)

La marmotte découverte à Eragny par M. Patte est-elle la marmotte des Alpes ou la marmotte de Pologne ?

Le profil de la tête de cette dernière espèce montre bien un crâne moins bombé que celui de la marmotte des Alpes.

Les marmottes dont on a jusqu’ici recueilli les débris dans les dépôts quaternaires, sont-elles bien de l’âge de ces dépôts  ?

A Eragny ces marmottes étaient réunies dans des terriers et ces terriers étaient établis dans un dépôt fluviatile à partir de 1m à 3 m du sol. Ce dernier fait me conduit à conclure que la marmotte a vécu dans nos régions bien après la fin du quaternaire et peut-être jusqu’à une période très rapprochée de nous mais n’a pu, comme le castor de la Bièvre, atteindre la période historique.

Citer ce document /
Laville A. Comparaison du crâne de la marmotte d’Eragny avec un crâne d’une marmotte du Thibet. In: Bulletins et Mémoires
de la Société d’anthropologie de Paris, VI° Série. Tome 1, 1910. pp. 517-518;
doi : 10.3406/bmsap.1910.7170
http://www.persee.fr/doc/bmsap_0037-8984_1910_num_1_1_7170
Document généré le 29/05/2016

 

Roger Guichard (Avenue) ancienne Route Nationale

A propos de la Route Nationale : jusqu’en 1853   la Route Nationale qui menait de Pontoise à Versailles, traversait le bas du village. Suite au développement de la population et à l’accroissement du trafic, le « Chemin de Saint Ouen l’Aumône à Conflans » qui passait au-dessus du village, devint l’artère principale et fut dénommé « Route Impériale 184 » puis, en 1892 : « Route Nationale 184.

1999 : Dénomination: avenue Roger Guichard

Roger Guichard (1920-1996): Eragnien responsable des sapeurs-pompiers volontaires, co-fondateur du Comité des Fêtes, il en fut l’un des animateurs des années 1950 à 1970.

1950 route nationale   café tabac devant le passage à niveau et la poste

 Jadis, à la belle saison, de nombreux touristes anglais, débarquant à Dieppe, empruntaient la Route Nationale pour se rendre à Saint-Germain ou à Versailles.

Cette voie, très passagère, était bordée de nombreux cafés-restaurants. Elle a vu passer des convois de charretiers du Vexin qui livraient la paille aux écuries de Maisons Lafitte (Eragny était une étape pour les chevaux).

Elle a aussi vu passer les cohortes de réfugiés des guerres ou des groupes de soldats se rendant au front, mais aussi en 1936/37, les vélos et voitures des bénéficiaires des premiers congés payés qui partaient vers la campagne ou la mer.

C’est sur cette Route Nationale qu’ont été construites en 1899, l’école de garçons et la mairie puis, en 1933 l’école de filles « écoles Henri Fillette ».

Le long de cette route et dans les rues adjacentes on peut remarquer de belles demeures de la première moitié du XXème siècle. L’une d’elles fut habitée par Paul Ducas, compositeur de la musique « l’apprenti sorcier ».

1946  Mariage  de Jean et Jacqueline DIDELOT  route Nationale

Les deux monuments aux morts au cimetière d’Eragny

AA- Les deux monuments aux morts du cimetière d'Eragny-1er monument aux morts érigé par Léon Courrèges architecte (Route nationale)

En 1920, le conseil municipal d’Eragny vote un budget de 17 800F pour la construction d’un monument aux morts, dépense financée en partie par souscription (7000F), le reste par la commune et une subvention de l’Etat.

Le monument où figurent 14 noms de poilus morts pour la France est inauguré le 3 octobre1920.

Noms des soldats éragniens :

– BONT Louis né le 3/2/1891 à Toul (Meurthe et Moselle), 9ème génie, matr.489, cl.1911, mort suite de blessures (ambulance) le 18/7/1916 à Landrecourt (Meuse)

– CANU Louis né le 15 sept.1886 à Montgeroult Seine et Oise (val d’oise) 12ème artillerie campagne, matr. 01749, cl 1906, tué à l’ennemi le 31 août 1915 à Aix Noulette (pas de Calais)

– DEBRAQUE Georges né le 20/5/1890 Seine-et-Oise (Yvelines), soldat clairon, 5 ? ème régiment d’infanterie, matr. 3168, cl.1911, tué à l’ennemi le 27 août 1914 à Cesse (Meuse)

– DEBRAY Alexandre né le 11 juin 1896 à Russy Bemont ? (Oise), sergent, 48ème infanterie, matr. 14702, cl 1916, mort pour la France le 22 juillet 1918 à 20h30 (ambulance), blessures de guerre, à les Fossés en Haramont (Aisne)

– DUPONT A.

– DUTERTRE C.

– GATEAU Julien 106ème régiment d’infanterie, matr. 012830 bis, cl. 1901, tué à l’ennemi à Vaux les Palameix (Meuse) le 16 juillet 1915

– HEULLE Désiré né le 22/5/ 1892 à Longueuil Anel (Oise) 1er régiment génie, matricule 7988, cl.1912, tué le 22 Août 1914 à Ethe (Belgique)

-JOLY Pierre né le 4 déc. 1894 à Eragny (Seine det Oise), 404 régiment d’infanterie (venu du 30 dragons), tué à l’ennemi le 12 juin 1918 dans la région de Mouchy Humière (Oise)

– LAPRETE André né le 10/9/1894 à Mantes Seine-et-Oise (Yvelines) 120ème rég. Infanterie, mat. 6625, cl.1914 disparu au combat le 22 novembre 1914 à Bois de la G… ? (Marne)

– LEGROUX Lucien né le 26 juillet 1892 à Mareil en Champagne (Sarthe), 164ème rég. Infanterie, matr.1288, cl.1912, mort le 26 février 1916 à Balencourt (Meuse) à l’hôpital d’évacuation n°6 (blessures de guerre)

– MAURICE A.

– PELLERIN Vincent né le 30 déc.1884 à gagny (seine et oise), 272ème rég. Infanterie, mat 017596, cl.1904, tué à l’ennemi le 31 octobre 1914 au bois de la Gr…(Marne)

– RODET L.

Ancien emplacement du monument

(actuellement av Roger Guichard)

monument commémoratif

 

Les deux histoires du Poilu d’Eragny

Le monument aux morts de Mondovi en Algérie de 1922 à 1968

MONDOVI était un village d’Algérie situé à 25 kilomètres au sud de BONE. Il a été créé en 1848 par des hommes et des femmes, partis de Paris avec pour mission d’établir un centre agricole en Algérie devenue Française en 1830.

La vie de MONDOVI a duré jusqu’en 1962, année durant laquelle pratiquement tous ses habitants français ont regagné la France lorsque l’Algérie a acquis son indépendance.

La loi du 25 octobre 1919 vote l’attribution par l’état d’une subvention aux communes désireuses de créer un lieu de mémoire pour rendre hommage à ceux qui ont fait le sacrifice de leur vie pour la France. A Mondovi, le choix s’est porté sur la statue du soldat qu’on appelait «le Poilu au repos », un qualificatif qui existait avant même le conflit pour caractériser un homme courageux, ne reculant devant aucun danger.

Le poilu de Mondovi porte le casque d’acier qui a remplacé le képi en 1915. Il est vêtu de la tenue bleu horizon qui remplaça celle trop voyante du début de la guerre. Son fusil est un « Lebel » de 1890 qu’il tient fièrement les deux mains appuyées sur le canon.

Le monument sera inauguré le 22 avril 1922.

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En 1962 la statue seule fut rapatriée en France.

En 1968, on la confia à la ville d’Eragny, où elle surmonte depuis, un monument élevé dans le cimetière.

Un salon de coiffure dans le village d’Eragny (années 50)

Témoignage de Mr. et Mme Barbotin (coiffeurs près de la place de la République, actuelle rue du sergent Pireaux)

Mr : On est arrivé le 10 janvier 1950. On est venu à Eragny, car on était jeunes mariés et sans un sou. Moi j’avais été fait prisonnier pendant 5 ans. Ce n’est pas là que j’avais fait fortune !…

On a cherché un salon de coiffure pas trop cher. On est venu voir ici, c’était minable à ce moment-là. Il n’y avait même pas l’eau courante. Pas de chauffage au mois de janvier. Alors on a essayé de se débrouiller quand même ; il ne faut pas trop se plaindre. On ne s’en est pas trop mal tiré… avec beaucoup de travail.

Mme : Dans le salon de dames, il y avait juste un fauteuil percé. J’ai tout de suite mis un coussin et puis comme linge, 10 torchons troués. Invraisemblable !! Mais à ce moment-là, après la guerre, tout le monde était à peu près pauvre. Puis il fallait démarrer, c’était çà ou rien. On s’est privé de viande, on s’est privé de vêtements. Inimaginable ! On ne peut pas l’imaginer dans la vie de maintenant. La première semaine j’ai fait 3 mises en plis ! …

Mr : Il n’y avait pas de clientèle, j’ai fait quelques coupes de cheveux. Mais c’était pas grand-chose, des vieux bonshommes venaient se faire raser. On faisait beaucoup de barbe à ce moment-là, oui, c’était pas la joie ! Les gens d’abord ont été surpris de nous voir en blouse blanche. Ils ont pensé qu’on ressemblait à de vrais coiffeurs. Alors petit à petit, ils sont venus.

Mme : Pour les shampooings, on allait chercher l’eau au fond de la cour, à la pompe. On remplissait des seaux d’eau et on faisait chauffer l’eau dans la cuisine sur le petit butane. Avec des hydrocapes c’est à dire des petits ustensiles de la coiffure qu’on remplissait d’eau, on faisait les shampoings. C’est inimaginable, mais c’est la vérité.

Tous les écoulements d’eau passaient dans le caniveau. Quand je faisais une coloration un peu acajou, cela coulait rouge et le voisin charcutier, c’était ses eaux grasses et l’eau rouge de son boudin ! C’était horrible. Tout coulait dans la rue.

Mr : Mais enfin, il y avait une si bonne ambiance entre voisins, entre gens du quartier, entre villageois. On s’entendait si bien, qu’on passait sur bien des choses. C’était comme en famille, on s’amusait avec eux.

106 coll. BARBOTIN

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Installation du nouveau salon de coiffure

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Quand on a fait construire le nouveau salon, en 1960, on a eu de la clientèle. Il n’y avait pas de chômage à ce moment-là. Il y avait un tas d’usines dans le coin, la LTT à Conflans, la Ber Manille qui s’est montée aussi à Conflans, Simca à Poissy. Il y avait la papeterie. On avait beaucoup de clients des usines. On gagnait de l’argent à ce moment-là. Les clients n’étaient pas regardants. Ils nous faisaient confiance.

« Je vous coiffe comment Madame ? » – « Comme d’habitude » et puis elles s’endormaient…. Elles étaient très fatiguées, elles travaillaient en usine ; elles faisaient les 3 x 8, elles « faisaient la nuit » même, tout en ayant des enfants. Elles gagnaient de l’argent, mais elles étaient très fatiguées. Quand elles se réveillaient, elles me disaient : « Vous avez fait mon régécolor ? » – « Mais oui madame, c’est fait ». Certaines s’endormaient sous le séchoir. Certaines apportaient leur tricot, leur couture, des haricots verts à éplucher.  C’était la famille voyez-vous. Je n’offrais pas le thé ou le chocolat comme ils font maintenant ou le café, c’était à la bonne franquette.

Animations dans le village  dans les années 50 – quelques anecdotes :

La fanfare.

C’était en 53, 54. La société de football faisait une fête sur le stade. Pour faire un peu de publicité, pour faire parler d’eux, beaucoup de joueurs de football s’étaient déguisés. Ils avaient pris des grands couteaux du charcutier pour faire peur à tout le monde.

Ils avaient des couvercles de lessiveuse, ils tapaient dessus. J’ai entendu du bruit, je suis sortie sur le pas de la porte avec les clientes. Les clientes avaient leurs bigoudis, leur peignoir. Les jeunes nous attrapent par la main et ils nous entrainent dans leur farandole sur la place de la République. C’était rigolo, les clientes avec les peignoirs et les bigoudis, les voilettes, les filets et on a fait la farandole sur la place de la République ! Mon petit garçon qui avait à peu près 4 ou 5 ans poussait des hurlements devant la porte : « Ils ont pris ma maman ! ils ont pris ma maman ! ». Il était effrayé. Alors vite, on est revenues au salon et on a continué à travailler et les clientes à se faire coiffer. On est resté de très bonne humeur. C’était sympathique comme ambiance.

Les fêtes, vous savez, c’était long à démarrer après la guerre. Il y avait des théâtres ambulants.

Une fois ce n’était pas des comédiens, c’était des forains qui avaient monté une tente et ils avaient joué « les deux orphelines ». C’était si triste… et pourtant tout le monde riait. Ils étaient très peu de comédiens et, ils courraient en coulisses se changer pour changer de rôle. Qu’est-ce qu’on s’amusait !  « Les deux orphelines », c’est triste pourtant !

Ah oui ! on riait et on ne se gênait pas. Ils jouaient tellement mal, et puis… les voir courir dans les coulisses, arriver à moitié habillés pour continuer à jouer, c’était à mourir de rire.

Ils avaient un camion pour mettre leur matériel. Ils passaient, puis ils s’en allaient…C’est vrai que c’était juste après la guerre. Alors à ce moment-là il ne fallait pas grand-chose pour vous distraire.

 

 

 

Le jeu

« LE LIMAÇON D’ERAGNY »

UN JEU 100% ERAGNIEN POUR DECOUVRIR LA VILLE 

Conçu et réalisé par l’association « Mémoires d’Eragny »

On peut le commander : 15€ (+frais d’envoi éventuels)        

Par internet : memoiresderagny@neuf.fr

Par courrier : Ass. Mémoires d’Eragny, 13 allée du Stade 95610 Eragny-sur-Oise