Témoignage de Madame LAMIT .

Café Quignon près de la gare

Mes grands-parents ont acheté le café QUIGNON en face de la gare. (Ce café qui avait pris le nom « le CAP VERT »n’existe plus). Après la guerre de 14 et mon père a revendu le café en  1958/59.

En 1939, il y a eu la mobilisation et le café a été réquisitionné pour mettre les soldats dans la salle. Après le départ des soldats français, les allemands sont arrivés et c’est après le départ des allemands qu’on a eu les classes dans cette salle.

Repas de soldat au café Quignon

Pendant la guerre il y avait beaucoup d’enfants, l’école HENRI FILLETTE était trop petite.  Il a fallu que mes grands-parents prêtent la salle de restaurant pour faire deux classes. Elle était grande, on mettait 200 couverts. Ils l’ont coupée en deux, ils ont mis une cloison, une classe d’un côté, une classe de l’autre. Ca devait être en 41/42.

Les classes ont fonctionné au Café QUIGNON A l’époque, il n’y avait pas le chauffage central, parce qu’on n’avait pas de charbon pendant la guerre. Mon père avait fait monter un poêle à bois. Il allumait le feu le matin,  pour que ce soit chaud quand on arrivait. Quand on pouvait avoir du charbon, on en mettait un peu. La cour de récréation se trouvait juste devant la salle.

C’était mon beau-père qui était le Maire à ce moment là,  Jules ALBERT. C’est lui qui a pris la décision pour la salle. Ca c’est passé très vite. C’était une salle vide, car pendant la guerre, il n’y avait aucune activité, en plus de ça les allemands l’ont occupée jusqu’en 42.

Je me rappelle, en 1939, pendant la guerre, on commençait déjà à être rationnés, on n’avait pas de légumes. A l’école FILLETTE, la Maîtresse, Mme OMNES avait fait de chaque côté de la cour, un petit bout de jardin, et elle avait planté des poireaux. Un jour, elle était à la fenêtre en train de nous regarder jouer, et j’ai marché dessus !!! Alors !  J’ai dû conjuguer à tous les temps « je ne dois pas marcher sur les poireaux de la Maîtresse ».

Pendant la guerre, et même avant, le matin, les gamins qui venaient de loin (certains habitaient les Bois de Chènevières)  déposaient leur gamelle chez mon père au café QUIGNON. On la leur faisait chauffer, et à midi ils revenaient manger chez nous au café, ils étaient 4/5 parfois 10, toute l’année. Ils quittaient l’école à 11h30  et reprenaient à 13h. Ils ne pouvaient pas rentrer chez eux.

Décision municipale Octobre 1939

Cavalerie du 51ème d'artillerie

Evacuation de l’école Henry Fillette occupée par un groupe d’artillerie pour permettre la rentrée scolaire.






Témoignage de Madame VERNAZ.

Pendant la guerre l’école fonctionnait, sauf quand il y avait des alertes. Alors les parents gardaient les enfants. Ce dont je me souviens, ça ne partira jamais de ma tête !!!- c’est qu’un jour, à l’école, le garde champêtre est venu dans toutes les classes en disant :  « Il y a une alerte, il faut renvoyer les enfants qui sont près de l’école, il faut les renvoyer chez eux ». Pour ceux qui habitaient près de l’école, comme nous, il n’y avait que la rue à descendre. On nous faisait descendre chez nous au pas de course.

Les enfants qui habitaient loin, restaient avec les instituteurs. Ils descendaient, en rang, deux par deux en se tenant par la main. Ils ne couraient pas. Ils allaient s’abriter dans une carrière de la rue de la gare. Ils jouaient là-dedans, en attendant la fin de l’alerte.

Témoignage de Mr. LEVASSEUR École de garçons Henri Fillette vers 1940 .

Poêle d'école

Il y  avait un gros poêle énorme rond, énorme !!!, ça chauffait vite. Quand on était puni, à la récréation,  le Maître disait : « Va casser du bois là- bas… ». Il y avait un bûcher, il fallait couper du bois, pour allumer le feu.

J’habitais rue de Saint Ouen et il n’y avait pas de cantine à l’école. Je faisais le trajet quatre fois par jour. Ca faisait 4 kms par jour. On faisait tout à pied.




Témoignage de Mme REGNAULT École de filles Henri Fillette pendant la guerre .

J’avais dix ans à l’époque, dans les écoles, les élèves les plus âgées faisaient le ménage. On montait le charbon depuis la cave de Mme OMNES pour alimenter le poêle, c’était nous qui le faisions !!! Quand il faisait trop froid, l’encre gelait dans les encriers et on se regroupait autour du petit poêle.Café de l'arrivée de la gare

J’habitais aux Pincevents et j’allais à l’école Henri Fillette. Pendant l’hiver 45, quand il a fait très froid, il y a eu une cantine pour les élèves dans le café face à la gare, chez Mme NAUER.  (Le café de l’Arrivée qui n’existe plus).

C’est Mme NAUER qui préparait les repas et sa fille qui nous servait. On était une dizaine, on mangeait dans un coin du café, les parents payaient.

Témoignage de Madame DIDELOT .

Carrière à Pépin

A la fin de la guerre, quand les alliés avançaient vers Paris, on s’est réfugié à la maison des Russes parce qu’il y avait des carrières, on a vécu là pendant quelque temps, on vivait dans les carrières. On était plusieurs familles. C’est cette carrière qui a servi de champignonnière. Avant guerre, mon père a travaillé dans cette champignonnière.

Témoignage de Monsieur J. MARTEL .

Les allemands occupaient les belles maisons. D’ici, on avait une vue sur l’Oise absolument fabuleuse ! Ici, c’était pas la Kommandantur qui était installée. Elle était dans la première maison de la rue de Neuville, la très grande, qui a une vue extraordinaire.

Ma mère, quand elle a connu la guerre, elle s ‘est mise à la Croix Rouge et quand il y avait des bombardements, elle partait en vélo à Conflans ou à Pontoise pour aller voir s’il y avait des blessés. Plusieurs fois il y a eu des éclats d’obus qui sont tombés pas loin d’elle. Bien sûr, on voyait des éclats d’obus qui tombaient sur la route, ils avaient creusé des petites tranchées sur les bords de la Nationale de l’époque et il nous était recommandé, en cas de danger, de se mettre là-dedans.

En 44 j’avais onze ans Régulièrement on entendait la sirène et on descendait dans la cave. On descendait pour rien, parce qu’Eragny ne risquait pas d’être bombardé, il n’y avait rien à Eragny, Conflans pouvait être bombardé pour les ponts, pas Eragny. Un jour j’étais dans mon lit, j’entends papa qui dit : « Allez, on descend tous dans la cave, Où est Jacky ? » Maman dit : « Ecoute, Jacky, il est dans son lit, il est en train de dormir, ce n’est pas la peine de le déranger ». Mais moi, je n’étais pas en train de dormir. A l’étage il y a un grand couloir, ma chambre était là, et au bout il y avait la petite fenêtre des waters. Et je vais regarder la « bataille aérienne ». C’était extraordinaire ! Pour mes yeux d’enfants, c’était presque un feu d’artifice ! On voyait des balles filantes, des trucs au dessus. La nuit il y avait des espèces de projecteurs pour envoyer les obus. Moi j’ai vu l’avion qui a explosé. Quand il a explosé, il était peut-être à 500m du sol. Je l’ai vu. J’ai eu l’impression que c’était à 50m ! Alors là !!! Je suis descendu à la cave !

On a retrouvé le lendemain des morceaux d’avion et quelques corps.