A Eragny, c’était la campagne ! On pouvait y cueillir pommes, poires, pêches, cerises…, s’étaler au soleil dans les champs, se mettre à l’ombre sous les arbres sauvages.

Il y avait aussi chaque été, les moissonneuses-batteuses qui venaient récolter les grains de blé dans les champs voisins. Après les moissons, au mois d’Octobre, il y avait les chasseurs qui n’hésitaient pas à tirer sur tout et n’importe quoi puisque même mon arrière grand-mère a failli recevoir du plomb à plusieurs reprises. C’ est pourquoi, les enfants étaient obligés de rester bien sagement à la maison.

Comme dans les petits villages, on s’ alimentait grâce à la venue de Gaston, le laitier, qui passait tous les soirs distribuer le lait frais de ses vaches, puis le « boulanger BOUFFARD » qui devait normalement venir avant midi, mais, étant souvent saoul, celui-ci ne venait pas avant 4 heures le soir, quand il venait !!!

Quand les marchands ne passaient pas, il fallait se procurer à manger « chez BLONDEAU », en face du passage à niveau, ou encore « chez VIELE » à la place du magasin de motos, Route Nationale, et le dimanche, au « XXème siècle », Place de la République, où le vin était fort apprécié.

Il y avait aussi « NOVA » dans son camion prénommé « Aimé » qui procurait un grand bazar (mercerie, bricolage…) en plus de l’alimentation. Il y avait aussi, chose impensable de nos jours, la venue de l’agent-payeur qui, à chaque début de mois, passait dans sa 2 CV pour distribuer les allocations familiales. Le voyez-vous faire tout Eragny aujourd’hui dans sa petite voiture ?

Témoignage de la famille BEAUFRERE recueilli par Alexandre MAHOUDEAU