L’origine du nom, d’après l’Abbé Lebeuf, viendrait du possesseur romain des terrains, Herennus. Dans les pièces d’archives, on peut lire : Eraisgny, Erasgny, et enfin Eragny. Le village a été marqué par les D’Alesso, seigneurs d’Eragny depuis 1564, dont le château était déjà en ruines avant la révolution. Ces ruines ont disparu, il n’en reste que les piliers d’entrée, rue de Saint Ouen (place de la République).

Le village devint paroisse en 1864, commune en 1869. Sous l’ancien régime, Eragny-Neuville comptait 200 feux, répartis également entre les deux villages. La population était essentiellement paysanne. Les fermiers cultivaient le seigle, l’avoine, le sarrasin, un peu de blé et surtout de la vigne sur une terre ingrate. Le vin s’appelait le « ginglet », il n’en reste que le nom de la radio locale, « RGB : Radio Ginglet-la Boucle » et le vin bu à la foire ST Martin de Pontoise. Rares étaient les cultivateurs qui étaient propriétaires de leur terre. Les vignerons possédaient une à trois bêtes (vache, cheval, âne).

Au XVIIIème siècle, le village avait une épicerie, une auberge, un moulin à vent, 2 écoles et un rebouteux. Divers métiers étaient représentés : berger, tonnelier, carrier (travaillant dans les carrières le long de l’Oise), terrassier, maçon, lavandière, cordonnier et tailleur.

L’Oise pouvait être traversée grâce à un bac à Neuville, ou à gué en aval d’Eragny, gué qui a été emprunté par les convois des chasse-marées, apportant le poisson des côtes normandes à Paris.

La vie était rythmée par les événements locaux, les épidémies (choléra, peste), les faits de guerre ou les évènements nationaux, comme la Fronde. La plupart des familles étaient pauvres. Le 25 février 1789, les représentants des habitants portent leurs cahiers de doléances à l’Assemblée Générale du Tiers Etat à Pontoise (Voir la plaque commémorative à la Mairie d’Eragny).

L’écrivain Bernardin de Saint-Pierre (auteur du roman Paul et Virginie) s’installe en 1804 à Eragny, au Prieuré qui lui appartient. Il y décède en janvier 1814.

L’année 1877 voit l’arrivée du chemin de fer : les gadoues (poubelles de Paris) sont transportées par wagon pour fertiliser les champs, les pierres des carrières sont évacuées par train, les légumes fournissent les halles de Paris et plus tard, « le train des pêcheurs »  permettra de développer les loisirs sur les  bords de l’Oise, amenant de Paris  promeneurs et pêcheurs.

Durant la guerre 1914-1918, Eragny est fortement éprouvée, perdant 14 de ses concitoyens et comptant de nombreux blessés. Le premier monument aux morts était placé au carrefour de la rue de Conflans et de la Route Nationale, (actuellement avenue Roger Guichard).

En 1933, avec la construction du château d’eau, l’eau courante transforme la vie quotidienne réduisant le nombre des lavandières au lavoir.

Le 7 juin 1944 à 2h25, un avion bombardier Lancaster anglais survolant Eragny est touché par la DCA allemande de Pontoise. La queue de l’appareil tombe à Cergy, le reste explose et tombe sur l’église d’Eragny qu’elle détruit totalement. On peut voir les plaques commémorant le sacrifice des 7 aviateurs anglais et canadiens  sur le chemin de halage, devant le Prieuré et l’école Henri Fillette. Six d’entre eux sont enterrés dans le carré militaire du cimetière d’Eragny, le septième aviateur, tombé dans l’Oise n’ayant jamais été retrouvé.

Dans les années 50, la population est d’environ 1000 habitants, essentiellement agriculteurs et maraîchers.  La papeterie Grillet et Féau, (construite en 1919), employant jusqu’à 500 personnes, ferme en 1971. Longtemps restée friche industrielle, elle abrite aujourd’hui le Théâtre de l’Usine et la: «salle des Calandres » salle où se trouvaient les anciennes presses à papier.

Dans les années 70, la construction de la  Ville Nouvelle  transforme le village qui passe de 3650 habitants en 1976 à 9500 en 1979 et 16000 dans les années 80, presque 17000 habitants en 2012. Sur « le plateau », les terres des maraîchers et les vergers cèdent la place aux nouvelles constructions qui donnent à notre ville son aspect actuel.