Category: 1939 – 1945

ERAGNY le 7 juin 1944

Devoir de mémoire de Jean-Claude PERON.

Mardi 6 juin 1944, quelques minutes avant minuit en Angleterre, province du Lincolnshire, North Killingholme Airbase, six jeunes anglais de la R.A.F et un canadien de la R.C.A.F se dirigent vers leur avion bombardier, un Avro-Lancaster Mk1numéro de série ME556 immatriculé BQ-F qui a déjà 167 heures de vol au cours de missions à son actif.Lancaster

 Cet avion fait partie des 250 avions bombardiers Lancaster qui équipent le 550th Squadron du groupe n°1 Bomber-Command de la R.A.F depuis novembre 43. C’est aussi en janvier 44 que le 100th Squadron’s Flight devient le 550th Squadron de la R.A.F.

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Retour des prisonniers de la guerre 39/45

 Dessin d'un soldat Eragnien (Monsieur Courreges)

Monsieur Courreges, créateur et Président de L’association des prisonniers de guerre de la seconde guerre mondiale.







Retour des prisonniersle 02 septembre 1945, les prisonniers se réunirent sous une bâche, dans la cour d’une ferme, rue Bernardin de St Pierre.



Menu d’invitation et signatures de tous les convives

Menu du repas des prisonniers

Café Moriceau, rue Bernardin de St Pierre

Après la guerre, ils se réunirent souvent au café Moriceau, rue Bernardin de St Pierre.

Repas pour le retour des prisonniers

Etre enfant d’Eragny pendant la deuxième guerre mondiale

Témoignage de Madame LAMIT .

Café Quignon près de la gare

Mes grands-parents ont acheté le café QUIGNON en face de la gare. (Ce café qui avait pris le nom « le CAP VERT »n’existe plus). Après la guerre de 14 et mon père a revendu le café en  1958/59.

En 1939, il y a eu la mobilisation et le café a été réquisitionné pour mettre les soldats dans la salle. Après le départ des soldats français, les allemands sont arrivés et c’est après le départ des allemands qu’on a eu les classes dans cette salle.

Repas de soldat au café Quignon

Pendant la guerre il y avait beaucoup d’enfants, l’école HENRI FILLETTE était trop petite.  Il a fallu que mes grands-parents prêtent la salle de restaurant pour faire deux classes. Elle était grande, on mettait 200 couverts. Ils l’ont coupée en deux, ils ont mis une cloison, une classe d’un côté, une classe de l’autre. Ca devait être en 41/42.

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Madame Jacqueline LUNEL (LAMOTTE) témoigne

Témoignage recueilli par Mme PERON .

Mme Lunel était enfant à cette époque et ses parents tenaient l’auberge du « Goujon d’Eragny » situé le long du chemin de halage à l’endroit où l’on trouve une plaque marquant l’endroit où le corps d’un des membres de l’équipage a été retrouvé.plaque en mémoire des aviateurs anglais sur le chemin de halage

 

C’est son père qui est allé voir, quelques minutes après la chute de l’avion. A l’intérieur d’un morceau de carlingue il a découvert le corps d’un des occupants de l’avion. L’homme était mort. Il a récupéré ses papiers et son calot pour les rendre à sa famille quand l’occasion se présenterait. 

« Le lendemain, une dame est arrivée avec un bouquet pour le déposer sur le morceau de carlingue. Mais en voyant que les allemands étaient déjà sur place, cette dame a demandé à la petite fille que j’étais à l’époque, d’aller déposer le bouquet pour elle. C’est à ce moment que les allemands m’ont demandé pour qui était ce bouquet et m’ont emmenée. Mais ma mère s’est mise à crier ainsi que d’autres gens qui étaient sur place. Les allemands ont fini par me relâcher. Mais j’ai eu très peur. 

Après la libération, le maire et des anglais sont venus au « Goujon d’Eragny » pour récupérer les papiers et le calot de l’aviateur retrouvé devant l’auberge. Ma mère a correspondu avec les anglais. Des parents des aviateurs sont venus à Éragny et ont décidé de laisser les corps de l’équipage au cimetière d’Éragny pour qu’ils ne soient pas séparés. » 

C’est la mère de Mme Lunel, avec d’autres habitants de la commune, qui à l’époque a organisé une souscription pour financer la confection d’une plaque commémorative avec les photos des aviateurs.

T. M. J.Shervington (photo d'archive)

T. M. J. Shervington

   T. M. J. Shervington – Pilote officier de la Royal Air Force

Ronald G.Dennet

Sergeant Ronald G.Denne Mitrailleur de la Royal Air Force

Souvenirs d’un Eragnien 44 ans après

Texte de Monsieur Guichard  recueilli par Madame Annie DUNAT . 

6 Juin 1944 : entre 2 et 4 heures du matin, les premiers pas des alliés se sont faits sur les plages de Normandie. C’était le débarquement.

A Eragny,  les volets étaient clos, les habitants dans les abris, car au dessus du village, depuis le début de la soirée, les bombardiers alliés passaient sans interruption et la défense contre Avion (D.C.A.) occupante ne cessait de tirer.

Le  7 Juin, aux premières heures, les passages de bombardiers reprenaient, la D.C.A. continuait et un des avions fut touché en plein vol par un obus et disloqué en l’air, juste au-dessus du village.

Les bombes tombèrent, détruisant l’église, un hangar et sur les berges de l’Oise, une péniche sablière , mais aucune maison d’habitation ne fut touchée et il n’y eut pas de blessés.

Péniche coulée au bord de l'Oise

La plus grosse partie de la carlingue tombait dans la plaine de l’autre côté de l’Oise.

Le poste de pilotage tomba sur la Route Nationale, face à l’ancienne mairie, avec deux aviateurs à l’intérieur. Read more →

Monsieur EMILE raconte….

Texte de Monsieur EMILE recueilli par Madame Annie DUNAT .

Monsieur Emile avait environ 20 ans en 1944, résidait à Chennevières depuis 1938, arrivé de Lyon avec ses parents venus travailler dans la région. Recensé à la mairie de Conflans Sainte-Honorine pour être requis au S.T.O. et réfractaire, il était caché dans une ferme de Chennevières. Il y était occupé aux travaux des champs, principalement autour de la Ferme d’Eragny, en limite des communes d’Eragny, d‘Herblay et de Conflans. C’était à proximité de l’endroit d’où une femme avait envoyé un certain nombre de messages radio à Londres avant d’être arrêtée et déportée par les Allemands.3

Il était néanmoins inscrit à la Défense passive de Conflans, ce qui donnait des facilités pour la circulation de nuit…. Il était aussi Résistant dans un groupe de FTPF (Francs-Tireurs Partisans Français) dont il ne connaissait que deux autres membres, avec lesquels le point de rassemblement le plus fréquent était le chemin de la Haute Borne. Read more →

La chute d’un Lancaster à Eragny le 6 juin 1944

Texte de Monsieur BERLAND recueilli par Madame Annie DUNAT .

Pour le monde entier ce 6 Juin fut une journée mémorable.  A Eragny se déroula en plus un drame particulier.

 Nous dormions avec nos deux enfants à notre domicile 179 Route Nationale. Vers deux heures trente ou trois heures du matin un bruit d’avions nous réveilla. Où pouvaient-ils bien aller? Que comptaient-ils faire? Fallait-il descendre avec les enfants à la cave qui au moins, pour les éclats, pouvait nous servir d’abri? Le bruit s’amplifiant nous décidâmes de descendre. L’alerte avait sonné. Nous ne pouvions pas faire attendre à la porte un jeune couple et leur bébé. Ils étalent pris d’une peur panique et depuis une huitaine venaient s’abriter avec nous.

Quelques temps auparavant leur logement s’était abattu sur eux, dans la région de Rouen. C’était la famille Jacques qui depuis s’est fixée à Eragny. 

Un appareil puissant devait voler à basse altitude. Nous nous installions dans la cave (non envahie alors par les pommes de terre) quand un bruit assourdissant, une explosion suivie de quelques autres ébranlèrent le quartier. Read more →

La nuit du 6 juin….

Texte de Monsieur CATTEAU recueilli par Madame Annie DUNAT .

Monsieur Catteau habitait et habite toujours rue Bernardin de Saint Pierre près de l’église.

La nuit du 6 juin 1944, il se souvient d’abord de sa grande terreur

Quand il a été projeté à l’autre bout de sa chambre par le souffle de l’explosion. Sa mère l’a arraché de sous son lit ou il s’était réfugié pour le mettre à l’abri dans la cave.

Autre souvenir qui vient très vite: la poussière qui avait tout envahi. Ils ont d’abord vainement cherché le coq du clocher sur la place ou s’était abattu ce clocher avant de le trouver au pied même de 1’église. Deux des aviateurs étaient tombés dans son jardinet le jardin voisin et le lendemain matin malgré la garde allemande ce fut le défilé des curieux. Un de ces aviateurs avait une belle chevalière. Un des soldats allemands s’est approché avec un sécateur… Devant les protestations indignées il s’est contenté de récupérer plus discrètement la bague.

A propos de chevalière un habitant de Cergy, ou était tombée la queue du Lancaster se souvient lui aussi d’un fait.

Le 7 juin 1944, dans la queue de l’avion il a vu un des aviateurs les mains encore crispées sur sa mitraillette. Sur ces mains un détail l’a frappé: cet aviateur avait une belle chevalière.

Le lendemain en repassant devant l’avion il a constaté que cette chevalière avait disparue.